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À propos du Docteur Bergeret-Galley
« Moi aussi, je veux réparer les gens » : c’est ainsi que le Dr Catherine Bergeret-Galley a choisi sa profession. Elle a trouvé sa vocation en découvrant la chirurgie plastique, qui répare et reconstruit l’enveloppe du corps et l’image de soi. Elle expose ici, dans ses propres mots, sa vision du métier, sa relation au patient et sa conception de la beauté naturelle.

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La chirurgie plastique, une profession choisie
Très petite j’ai subi des interventions chirurgicales et j’ai trouvé que les chirurgiens étaient des experts d’une grande habileté, et que la salle d’intervention était formidable, malgré les gaz d’anesthésie qui ne sentaient pas bon et me donnaient mal au cœur. J’ai alors choisi ma profession en me disant « moi aussi, je veux réparer les gens ». Plus tard, j’ai trouvé ma vocation en découvrant la chirurgie plastique qui répare et reconstruit l’enveloppe du corps et l’image de soi.
La différence entre la chirurgie réparatrice et la chirurgie esthétique
Les actes chirurgicaux sont exactement les mêmes. Une différence est à souligner : les interventions réparatrices sont en théorie remboursées par la Sécurité sociale (beaucoup ne le sont pas) alors que les interventions esthétiques ne le sont jamais. On parle de chirurgie réparatrice dans des cas de maladie ou d’accidents plus ou moins dramatiques : par exemple, un membre a été amputé ou un muscle a été écrasé. On va alors refaire la surface de la peau et resymétriser les membres, c’est-à-dire remettre, ad integrum, les choses en place comme elles l’étaient avant. C’est ce que l’on fait pour les femmes qui ont eu un cancer du sein avec ablation. On reconstruit le sein manquant en faisant en sorte que cette reconstruction soit belle, esthétiquement belle. Il ne s’agit pas seulement d’avoir deux seins mais d’avoir deux seins à peu près symétriques – même si la symétrie n’existe pas dans la nature – pour que la poitrine soit jolie à regarder et qu’elle permette à la femme de s’habiller normalement, de vivre normalement. L’importance fondamentale de la reconstruction du sein est de réparer l’image corporelle, l’image que la femme se fait de son corps, elle va donc pouvoir assumer sa féminité, se déshabiller dans son couple, se mettre en maillot de bain à la plage. Quand on n’a pas de reconstruction mammaire, on est vraiment handicapée. J’ajoute que si les situations très pathologiques relèvent de la chirurgie réparatrice, après avoir réparé, arrivent les finitions. On complète alors le travail avec des gestes esthétiques en cherchant à atteindre le plus joli résultat possible.
La chirurgie esthétique, une réponse à des besoins
On peut faire beaucoup de choses mais il suffit d’avoir une idée très précise des besoins de la personne qui est en face de vous, que ce soit un homme, une femme ou un enfant, puis de faire différentes propositions qui montrent comment on peut obtenir des améliorations. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes ont besoin d’améliorer leur apparence physique pour se sentir bien, se sentir belles et dynamiques, et surtout pour se plaire afin de retrouver une certaine confiance en elles. Face aux véritables souffrances que peuvent générer les défauts du corps et aux multiples solutions que propose la chirurgie esthétique, on ne peut pas parler d’actes inutiles ou futiles. Récemment, j’ai opéré une dame après lui avoir réparé les seins il y a plus de vingt ans. Pour cette femme au visage fortement marqué par des années de chagrin et de soucis, j’ai réalisé un lifting cervico-facial. Généralement, on fait cela pour ce que l’on appelle le vieillissement excessif ou le vieillissement pathologique. Elle m’a dit ceci : « vous m’avez vraiment réparée psychologiquement. Toute ma vie je me suis trouvée laide, mon père me trouvait laide, mon premier mari me malmenait physiquement et moralement. J’ai beaucoup lutté pour me libérer mais cette dernière intervention parachève ma renaissance. Maintenant, je me sens belle et en droit d’être aimée » – ce sont ses propres mots. La réparation corporelle fait appel à de multiples mécanismes. Bien sûr, on peut se réparer psychologiquement en faisant un travail analytique ou en consultant un psychologue ou un psychiatre mais la chirurgie esthétique peut également intervenir de manière bénéfique quand on a des séquelles de maltraitance de l’enfance.
L’apparence physique, le regard d’autrui
La chirurgie esthétique et réparatrice concerne tout le monde, par exemple le petit garçon qui a des grandes oreilles et qu’à l’école tout le monde appelle Dumbo comme dans les films de Walt Disney. Cela n’a rien de drôle, il y a des enfants qui refusent d’aller à l’école ou qui, chaque jour, ont mal au ventre parce qu’ils sont terrorisés par le regard des autres, et on peut imaginer ce qu’ils vivent avec d’autres défauts ou handicaps. Pour aider à dépasser ces complexes, la chirurgie esthétique peut apporter une réponse efficace. Dans une société où l’apparence joue un rôle majeur, le vieillissement est toujours mal perçu. Il y a des hommes qui ont subitement vieilli. Certains, encore jeunes, ont déjà l’air vieux, un facteur pénalisant dans le monde du travail. D’autres, en passant le cap de la soixantaine, se disent qu’il leur faut encore travailler pendant dix ou quinze ans parce qu’ils ont un métier public ou une profession libérale. À cet égard la chirurgie a une vertu sociale. Alors que beaucoup ont un corps qui ne correspond pas à l’énergie et à la vivacité de l’esprit qui les habite, elle peut atténuer les traces de l’âge et rééquilibrer le corps et l’esprit. Et bien sûr, je vois beaucoup de femmes. Pourquoi ? Parce que d’un point de vue culturel et quelle que soit leur provenance géographique, on a toujours demandé aux femmes de garder leur mari, de rester belles, de s’occuper de leur famille, de leurs enfants ; ces diktats existent encore aujourd’hui. Les femmes ont besoin de se situer dans un créneau de beauté plus ou moins standardisé pour se sentir bien avec elles-mêmes. Mais la beauté ce peut être tout simplement : « j’allais bien lorsque j’avais quarante ans, la chirurgie esthétique ne me redonnera certes pas mes quarante ans, mais je pourrai au moins me sentir mieux comme si je freinais le vieillissement ».
La relation au patient
Tout dépend de l’approche du thérapeute que l’on est. Notre approche est un peu celle d’un médecin généraliste ou d’un psychologue. On s’assied, on regarde, on attend. « Que puis-je faire pour vous ? » Il y a des gens qui ont mûrement réfléchi, ils ont déjà consulté un ou deux médecins et peut-être se sentent-ils en confiance lorsque subitement ils vous disent combien ils ont souffert et comment ils veulent en finir avec cette image corporelle qui ne leur correspond pas. D’autres patients ne se sentent pas bien mais ils ne savent pas exactement de quoi ils ont besoin. En tant que thérapeute, j’ai une vraie mission de conseil. On peut demander aux patients d’apporter des photos de lui ou d’elle plus jeune, ou des photos de l’an dernier, avant l’accident, ou bien celles de quelqu’un qui leur plaît. À partir de là une discussion s’engage pour mieux cerner ce qui leur paraît réparateur, ce qu’est pour eux la beauté. On cherche à savoir, par exemple, ce qu’une femme aimerait comme poitrine, même si c’est une reconstruction du sein après cancer, on a le choix car il y a beaucoup de possibilités thérapeutiques : « Que souhaiteriez-vous ? Quelle est la forme de seins dont vous rêvez, leur taille ? » Après, je peux dire « oui, on peut le faire » ou « non, on ne peut pas le faire ». Les patients que j’ai opérés savent que les interventions réalisées sont raisonnables et que l’on recherche un résultat naturel.
La beauté naturelle
Quand on regarde un être humain, le naturel est un ensemble de formes qui correspondent à certains critères sociaux et culturels. Ceci explique pourquoi on ne va pas faire le même nez à tout le monde. Il n’est pas question de standardiser le geste chirurgical, il faut que ce soit beau en fonction de critères communs et de ceux qui sont propres au patient. Si une patiente porte des cheveux très courts alors que, dans son pays, la plupart des femmes ont des cheveux très longs, c’est une particularité à respecter. Travailler la beauté naturelle, c’est chercher à améliorer la forme. Je n’aime pas parler de « résultat » mais le but est d’arriver à une amélioration globale, du visage par exemple, et qu’elle soit naturelle. En fait, pour les patients comme pour moi, l’idée du naturel se manifeste lorsque l’entourage ne s’en rend pas compte. Quand ils vous regardent, après un lifting, ils vous disent : « tu as bonne mine, tu as l’air détendue, et reposée ».
Le geste chirurgical et ses limites
Une patiente française est très différente d’une patiente américaine. Les américaines ont souvent (mais pas toutes !) besoin d’être très tendues, très liftées, d’avoir des poitrines très agressives. De même en Amérique du sud, la taille des seins est plus importante que celle d’une française pour laquelle un 95C est la taille des seins idéale demandée. Dans les années 70, le modèle était celui du mannequin anglais avec de tout petits seins et puis on a évolué vers des poitrines beaucoup plus voluptueuses. Mais elles n’ont rien à voir avec certaines poitrines sud-américaines, dont les prothèses mammaires sont de très grand volume. Moi, je n’en pose pas, excepté pour une patiente de très grande taille et de forte corpulence, qui a subi une amputation du sein. Là, on peut remplacer son sein par une prothèse de grand volume. Lorsqu’une patiente cherche des résultats excessifs, je ne refuse pas de la soigner mais j’explique que cela me paraît démesuré. Ou bien je ne peux pas le faire ou bien cela ne me semble pas raisonnable. À ce moment-là, je donne une autre adresse à la patiente. C’est aussi une question de sensibilité féminine. Certaines femmes recherchent une thérapeute femme aussi pour cela.
Qu’est-ce qu’une opération réussie pour un chirurgien plastique ?
Tout dépend de son degré de réussite mais l’opération doit être réussie pour le chirurgien et la patiente, surtout pour le patient. C’est finalement réussi lorsqu’une patiente se sent métamorphosée, lorsqu’elle se sent bien avec elle-même, lorsqu’elle se dit « voilà, je passe un cap dans ma vie, j’ai 55 ans mais ma poitrine est remontée » ou « j’avais un creux suite à une tumorectomie et on l’a comblé », ou bien encore « je n’ai plus ces affreuses rides lorsque je baisse mon visage pour lire, je n’ai plus ce cou tout fripé grâce à mon lifting cervico-facial ». Là, ce sont des interventions réussies. Il arrive également que l’intervention soit parfaite pour la patiente, alors que nous aurions voulu faire plus. On a des capacités qui pourraient encore améliorer la patiente ou le patient mais certains patients, au cours de leur reconstruction, s’arrêtent. Par exemple, pour nombre de reconstructions mammaires, les femmes ont du mal à aller jusqu’au bout. Elles ne font pas l’ultime reconstruction du mamelon, ou alors elles attendent plusieurs années parce qu’elles ont besoin de se reconstruire par étape. Certaines veulent une reconstruction totale et immédiate, laquelle va nécessiter plusieurs gestes chirurgicaux à exécuter le plus rapidement possible, d’autres marquent des pauses très importantes dans leur traitement de chirurgie esthétique et réparatrice. Heureusement dans de rares cas, l’intervention est réussie mais le patient est toujours en demande car il souffre d’insatisfaction chronique pas forcément décelée avant l’opération.
Domaines d’interventions du Dr Catherine Bergeret-Galley
Ils couvrent tout ce qui concerne le rajeunissement facial, qu’il soit médical ou chirurgical, et tout ce qui concerne le remodelage et l’harmonisation du corps. Il est vrai que c’est vaste. Je vois beaucoup d’hommes et de femmes pour des séquelles d’obésité majeure ou modérée et des femmes qui, après des grossesses multiples, ont besoin de réparer l’aspect extérieur de leur sexe, leur ventre, leurs seins. La plastie abdominale après grossesse est très demandée. La reconstruction mammaire occupe aussi une large part de ma pratique.
Les techniques innovantes
Dans le remodelage, je propose beaucoup de lipofilling, c’est-à-dire que lorsque j’enlève de la graisse pour amincir une personne, au lieu de la jeter, je la réinjecte là où il y en a besoin. Cette graisse naturelle, riche en cellules souches et en facteurs de croissance, contribue à améliorer la qualité de la peau. Nous avons aussi les peelings qui permettent d’améliorer la texture de la peau. Les indications phares sont le vieillissement excessif dû aux brûlures solaires ou les séquelles de cicatrices d’acné, et on répare également l’excès de rides ou les peaux fripées, ce qu’on appelle la sénescence aggravée du visage. Toutes ces pathologies peuvent être combattues par des peelings de la peau, des injections de fillers ou de toxine botulique voire un lifting du visage. Aujourd’hui, on cherche à conserver la graisse que l’on ne jette plus, le patient en décide. Pourquoi ? Parce qu’à un certain âge de la vie, les tissus s’affaissent, la peau se détend et accuse une perte de structure. La graisse réinjectée sous la peau peut la retonifier et stimuler les synthèses de collagène et d’élastine grâce à la présence de cellules souches. On a donc besoin de garder certains volumes graisseux. Avec ces facteurs de croissance, on peut également enrichir les sérums en cellules souches dont on se sert en réparatrice pour des cicatrices dystrophiques et douloureuses, notamment après accident ou irradiation des seins, ou après des traumatismes obstétricaux quand les accouchements sont difficiles. On peut aussi utiliser pour un lifting du visage les plasmas enrichis en facteur de croissance, PRP et en cellules souches. Ce sont des techniques vraiment innovantes que l’on peut appliquer à la chirurgie plastique réparatrice et esthétique. En chirurgie, les progrès récents sont : certains implants, certaines plaques de réparation du ventre ou d’autres régions du corps qui sont plus performantes, et tous les traitements qui vont améliorer la qualité de notre peau et de nos tissus en général.
Les congrès de chirurgie esthétique ou de chirurgie plastique
Lorsque l’on va en congrès entre médecins, on apprend toujours quelque chose, ce sont des moments de partage de connaissances et d’expériences pour un chirurgien esthétique. Il y a également une notion de transmission du savoir qui marche dans les deux sens. C’est ce qu’on appelle la formation continue. Dans les congrès auxquels je participe, je traite souvent des nouvelles techniques qui émergent, mais qui dit « nouvelles techniques », dit potentiellement « nouvelles complications ». Il faut donc rester extrêmement prudent. Les fils tenseurs par exemple, une technique non chirurgicale, peuvent avoir un effet régénérant sur le visage d’une jeune femme de 40 ans. Mais il faut vérifier que les fils soient bien résorbables et pas trop épais. Dans le cas contraire, ils ne s’intègrent pas dans la peau et peuvent éventuellement s’extruder. Quand on emploie une nouvelle technique il faut savoir qu’il y a des avantages et des inconvénients. J’interviens en particulier sur les complications inhérentes aux produits injectables, un domaine auquel je consacre une grande part de mon activité. On s’en sert très souvent. Certaines pathologies peuvent nous amener à faire du comblement, par exemple pour des patients HIV+, hommes et femmes, affectés par une atrophie de la graisse du visage ou lipoatrophie extrêmement invalidante psychologiquement et socialement : le visage prend un aspect émacié alors que la personne est soignée et dynamique.
Les réunions d’information patients : mes leitmotivs
J’insiste toujours sur les séquelles de grossesses multiples, c’est très important parce que l’on peut vraiment réparer le corps et il y a beaucoup de femmes qui ne peuvent pas en profiter parce qu’elles n’ont pas l’information, notamment la possibilité de réparer les seins, le ventre mais aussi les organes génitaux externes. Cela permet de redonner du peps dans un couple, cela permet à une femme qui a eu des accouchements difficiles de se sentir mieux dans sa sphère intime et dans sa vie quotidienne, bref d’agir pour combattre le poids des apparences.
Le patient le plus jeune et le plus âgé
Il se trouve que j’ai opéré des malformations faciales chez l’enfant et là, il peut s’agir de bébés d’un mois mais ce sont des cas très particuliers. Dans ma pratique actuelle, j’opère des enfants de 6 ans pour des oreilles décollées ou plus jeunes encore pour une plaie du visage, due par exemple, à une morsure. Mais je peux aussi intervenir sur des patients de 85 ans, si le cœur tient et s’ils ont envie de se maintenir, de se sentir bien, il faut le faire.
Êtes-vous comblée par ce métier ?
Oui, je suis comblée. Il me passionne, on pratique une belle médecine en France et j’espère que l’on va pouvoir garder cette médecine de qualité. C’est une grande interrogation et j’espère que nous y arriverons.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la chirurgie réparatrice et la chirurgie esthétique ?
Les actes sont exactement les mêmes. Seule la prise en charge diffère : la Sécurité sociale rembourse en théorie le réparateur — beaucoup d’actes ne le sont pas — et jamais l’esthétique.
La chirurgie esthétique concerne-t-elle uniquement les femmes ?
Non, elle concerne tout le monde : le petit garçon aux grandes oreilles que l’école appelle Dumbo, comme les hommes qui ont subitement vieilli ou qui, encore jeunes, ont déjà l’air vieux — un facteur pénalisant au travail.
À partir de quel âge, et jusqu’à quel âge, peut-on être opéré ?
De 6 ans à 85 ans. J’opère des enfants pour des oreilles décollées, plus jeunes encore pour une plaie du visage après une morsure. Et à 85 ans, si le cœur tient et que l’envie de se sentir bien est là, il faut le faire.
Qu’est-ce qu’une opération réussie ?
Une opération réussie l’est pour le chirurgien et pour la patiente — surtout pour la patiente. C’est réussi lorsqu’elle se sent métamorphosée, bien avec elle-même.
Qu’appelez-vous un résultat naturel ?
Je n’aime pas parler de « résultat ». Le but reste une amélioration globale, du visage par exemple, et qu’elle soit naturelle. Pour mes patients comme pour moi, le naturel commence là où l’entourage ne s’en rend pas compte.
Que se passe-t-il si je demande une transformation importante ?
Je ne refuse pas de soigner, mais j’explique que la demande me paraît démesurée : soit je ne peux pas la réaliser, soit elle ne me semble pas raisonnable. Je donne alors une autre adresse.